Formé en 2000 par le désormais célèbre claviériste de Children of Bodom Janne Wirman, Warmen vient d’une dérivation de son propre nom, tout comme l’alias Janne ‘Warman’, sous lequel il a fait sa marque. L’album Beyond Abilities, paru en 2002 sous Spinerfarm Records, a été arrangé et produit par Janne dans son studio, “Warmen Studio” (maintenant ‘Beyond Abilities’) et mixé et masterisé aux studios Finnvox par les grands Mikko Karmila et Mika Jussila.
Souffrant d’un vague problème d’inconsistance au niveau des membres du groupe, qui ont tendance à changer à chaque album, l’époque Beyond Abilities nous offre : Sami Virtanen et Antti Wirman (le petit frère de l’autre) à la guitare, Lauri Porra à la basse et Mirka Rantanen à la batterie. À la base, Warmen n’a pas de chanteur(euse) fixe, que des invités. Sur Beyond Abilities, on peut compter sur l’expertise en la matière de Timo Kotipelto (Kotipelto, Stratovarius), Kimberly Goss (Sinergy) et Pasi Nikänen. 5 chansons au total sur lesquelles ces voix peuvent se faire entendre, soit ‘Spark’ et ‘Singer’s Chance’ pour Kotipelto, ‘Dawn’ pour Nykänen, puis ‘Hidden’ et ‘Alone’ pour Kim Goss. Cette dernière chanson est d’ailleurs une reprise d’une chanson de Heart, groupe rock populaire dans les années 80. À noter aussi que les invités se chargent eux-mêmes de la composition des paroles. Janne Wirman ayant déjà déclaré à plusieurs reprises se foutre éperdument des paroles de chansons, ce choix de déléguer se prouve logique, voir même sage! Le reste de l’album est instrumental, ce qui fait tout le charme du groupe selon moi. Les influences néoclassiques et speed métal se font plus que présentes tout au long de l’album, entre autres sur la sublime ‘Salieri Strikes Back’ ainsi que sur la pièce titre, ‘Beyond Abilities’, pendant laquelle le talentueux claviériste déballe toute l’étendue de son talent, avec le peu de gêne qu’on lui connait.
La finale de l’album semble diriger ses efforts vers quelque chose de plus progressif, tout en restant instrumentale. En tant que ligne directrice tout de même présente tout au long de l’album, la vague progressive des derniers instant nous fait apprécier des compositions plus éclectiques, très mélodieuses et accrocheuses. ‘War of Worlds’ est un pot-pourri de solos Janne-esques, alors que ‘Finale’ donne de plus en plus ce sentiment que le jeune finnois n’as rien à envier à Jens Johansson. Jouant du piano depuis l’âge de cinq ans, et ayant gradué de la Helsinki Pop & Jazz Conservatory, on peut cerner certaines inclinations jazz et classiques dans la composition de Wirman, même au clavier.
Sur ‘Confessions’, une merveilleuse pièce solo au piano, on peut entendre des extraits du film Amadeus, fiction sur la vie de Mozart racontée du point de vue jaloux du maestro Salieri. Ce qui semble être un des films fétiches du jeune claviériste prends beaucoup de place sur l’album. La pièce ‘Salieri Strikes Back’ y va aussi d’une référence à ce film, et chaque album de Warmen contiens une chanson nommée d’après Salieri. Je me permet de citer et traduire la phrase au tout début de l’album, aussi extraite du film Amadeus, alors que Salieri parles de Mozart en compagnie d’autre compositeurs et de l’empereur Joseph II : « Un jeune homme essayant d’impressionner au delà de ses capacités. Trop pimenté, trop hm…trop de notes. ». Apparemment, il ne faut pas chercher longtemps pour comprendre qu’il y a beaucoup d’ironie dans le choix du titre de l’album (et de la chanson, et du studio..).
Officieusement, le jeune homme, qui joue de façon impressionnante, avec beaucoup de rapidité, de talent et d’audace, ne semble pas au bout de ses capacités! Parfois je me demande si ce jeune Finnois ne se plait pas à se prendre pour Mozart..